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CAMBODGE - Angkor - Le groupe des Roluos

C'est ici que tout commença il y a plus de mille ans quand Hariharalâya sortit de terre pour devenir un temps très court la capitale du royaume Khmer.

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C'est un site très important pour comprendre l'art khmer, ses temples montagnes, ses décors floraux raffinés et ses Devatas figées dans une pose éternelle. 

C'est ici aussi qu'apparut les premiers temples en pierres. Jusqu'à cette époque  les constructions étaient édifiées en bois d'où leur pérennité très réduite. 

Trois temples donnent au visiteur une histoire raccourcie mais complète de ce qui deviendra un art prestigieux et reconnu dans toute l'Asie du sud-est.

 

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C'est d'ici qu'un certain Jayavarman en 802 prince de son état mais aussi homme politique et guerrier originaire d'une ville qui se situait près de Kompong Cham, partit à la découverte d'autres terres. Il en revint sain et sauf mais ses voyages lui donnèrent le goût de la conquête qu'il appliqua aussitôt en déclarant la guerre à ses voisins, les Chams mais cela ne se passa pas aussi facilement qu'il le pensait. Ils avaient été hindouistes, puis devinrent musulmans par les multiples contacts qu'ils entretenaient avec les marchands arabes. Cela ne plaisait pas du tout aux autres royaumes hindouistes. Mais bof, les guerres de religions, on connaît !

 

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LeJayavarman, malin et ambitieux donne à ce royaume qu'il s'est constitué à coup de guéguerres le nom de Kambuja et entreprends par la même occasion de lui offrir une capitale digne de ce nom.Ce sera Hariharalâya près de l'actuelle commune de Roluos, tout près de Siem Reap. 

Le nom de la ville n'est pas donné au hasard. Harihara est composé de "Hari" signifiant Vishnu le dieu hindou protecteur et "Hara" pour Shiva son opposé, la destruction. On est toujours dans la cosmologie universelle religieuse, le paradis et l'enfer, le yin et le yang…

Avec un ego surdimensionné, comme beaucoup d'hommes de pouvoir,  Jayavarman s'autoproclamma "Roi des rois" avec un rituel très fortement inspiré de l'hindouisme et comme emblème si l'on peut dire le "Linguam" phallique à souhait et représentation de Shiva.

Fin de règne, le roi est mort vive le roi, le fils succède au père et puis rebelote.

 

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Pour en revenir au Roluos ou ce qu'il en reste, c'est oublier que ce fut une ville prestigieuse, pleine de palais et de temples. Aujourd'hui trois seulement sont encore debout et en piteux état à part la magnifique enceinte du Bakong.

C'est le matin que la visite s'impose. Une aube pastel enveloppe les temples montagnes de briques rouge, le ciel n'est pas encore une plaque chauffée à blanc et l'air a un souffle de jeune fille.

 

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Le premier que j'ai découvert au bout d'une piste de terre rouge, Lolei, édifié par Yasovarman 1er le fils de Jayavarman et dédié aux fondateurs de la capitale. 

A l'origine il était situé au milieu d'une immense pièce d'eau de 4 km de long sur 800 mètres de large alimentant la ville en eau. Les quatre tours de briques sont déglinguées à mort ! 

     

 

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Par contre subsistent de beaux linteaux aux décors raffinés de fleurs, quelques portails encore debout, ici Ganesh bien visible sur sa monture minuscule, ratmushaka le rat malicieux,  et ici et là les devatas belles femmes aux seins nus, déesses de pierres immobiles pour l'éternité.

 



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De nouveau le tuc-tuc et direction Preah Kô ou le bœuf sacré, par la piste en terre. Ici, toujours un temple montagne, c'est le temple funéraire  de Jayavarman II et de ses pépés. C'est le plus ancien et il se trouvait à touche touche avec le palais royal disparu depuis belle lurette. 

 

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Il fut dégagé en 1932 de la forêt tropicale qui l'avait complètement bouffé comme pratiquement tous ses frères. Une belle chaussée bordée de bornes qui autrefois étaient un péristyle recouvert de tuiles. En chemin les restes d'une bibliothèque et d'une salle ou se reposaient les pèlerins. 

Devant le sanctuaire veillent trois nandis, des taureaux sacrés, montures de Shiva sont couchés dans l'attente d'improbables cavaliers. Des lions majestueux comme partout dans le monde, emblème du pouvoir, sont leurs voisins très sages. Par contre la tour sanctuaire est en assez bon état si l'on peut dire !

Petits détails qui ont leur importance : Les tours côté Est sont dédiées aux fondateurs mâles celles de l'ouest sont les esprits des reines.

 

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Un peu partout des dieux chevauchant de drôles de monstres marins. De très beaux linteaux dont un très bien conservé représentant un serpent à 5 têtes. Et puis un chaos de pierres, flot à jamais immobile.

Pour finir, le plus imposant de par ses dimensions, Bakong le plus important du groupe.

 

 

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Là nous sommes devant un temple d'Etat élevé en 881 et dédié, devinez à qui ? Et ben à Shiva çà coule de source!. Son mur d'enceinte est impressionnant et en excellent état, 700  sur 900 mètres ! C'est aussi le premier construit en grès et c'est aussi celui qui correspond le mieux à l'image du mont Meru. Vous ignorez peut-être le mont Meru et je vais vous donnez la réponse.

 

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Dans la religion hindouiste, le mont Meru est la montagne mythique situé au milieu du monde et haute de plus de 450 000 km ! C'est l'Olympe des dieux hindouistes. Au-dessus on trouve les cieux, en dessous l'enfer et tout autour un monde invisible que seuls les dieux voient. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? 

Sur les côtés de l'enceinte, deux immenses nagas (serpents) qui vous emmènent du monde des humains au mont Meru. Le pont de l'Arc-en-ciel se trouve bien évidemment au centre et les chapelles elles, sont en briques rouges contrastant avec le camaïeu de gris du grès. 

 

 

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Escalier monumental  avec à chaque étage les lions gardiens. Pas mal de trous bien distincts dans les blocs de pierre qui servaient à insérerai le bâton pour les transporter. Au quatre coins, des éléphants symbolisants la stabilité. Les marches sont très hautes et c'est assez impressionnant à monter et à descendre ! au sommet le sanctuaire ou ce que l'on peut imaginer ! Des terrasses entourées de tours sanctuaires de briques pas trop démolies par la nature. La tour centrale est splendide dans ses proportions et en assez bon état. 

 

 

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Il faut rappeler que c'est grâce à Maurice Gleize entre 1936 et 1943 que le Bakong fut entièrement remonté, on s'aperçu à ce moment-là que la tour avait été édifiée  trois siècles plus tard ! Voilà pourquoi elle ressemble étrangement à Angkor Wat !

Tout près, un monastère bouddhique mais que l'on ne peut visiter, par contre les moines eux, on les voit !

 

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On marche beaucoup, on fait le tour des enceintes, on grimpe hardiment les escaliers, on les descends plus prudemment, on parcourt des corridors chaotiques, on enjambe des blocs de pierres à la recherche de Jayavarman et de ses petits-fils et on rentre fourbus à son hôtel les cheveux rouge des pistes et déçue de n'avoir pas trouvé Jay mais ce sera certainement dans une autre vie.

 
 
 


11/12/2015
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