ICI, LÀ ET AILLEURS

ICI, LÀ ET AILLEURS

CAMBODGE - Angkor Thom

ENFIN J'APERÇOIS MON RÊVE, TOUT AU BOUT DU PONT,  L'ARCHE SUBLIME AUX QUATRE VISAGES DE PIERRE FIGÉS POUR L'ÉTERNITÉ. 
LA VILLE MYTHIQUE EST LÀ OU CE QU'IL EN RESTE DANS UNE APOTHÉOSE GRANDIOSE.

 

 

Comme un mantra, murmure en moi le quatrain de Rimbaud qui pourtant n'y avait jamais mis les pieds, mais qui décrit si bien ce sentiment magique et incompréhensible que la cité peut procurer:

 

"La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortit de confuses paroles 
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers"

 

C'est vrai que mon cœur à fait "BOUM" quand le tuc-tuc s'est avancé sur ce pont incroyable avec en toile de fond cette tour de 23 mètres aux visages si impénétrables de grès patiné par les siècles.

 

  

Cinquante-quatre gaillards grimaçants m'attendent figés depuis plus de mille ans. Les bons et les méchants s'impatientent tout en tirant sur le roi des Nagas pour un éternel barratage de la mer de lait.

Angkor est pour beaucoup de touristes une énigme non résolue car beaucoup passent à côté de quelque chose d'indéfinissable. Beaucoup partent déçus de n'avoir pas saisi une partie de l'enchantement. Il faut dire que tout se mélange, les styles, les religions et surtout la mégalomanie des rois bâtisseurs qui s'y sont succédés. 

 

IL FAUT AVANT TOUT SE LAISSER CHARMER

Sans horaires, partir à l'aventure par des chemins ocres pour le pincement au cœur à l'approche d'un temple ou d'une ruine moussue à souhait, savoir écouter la forêt avec ses cris et son silence dans une chaleur liquéfiante.

 

 

 

Savoir sans hésiter se faufiler entre les gigantesques racines des banians ou fromagers, enjamber des blocs de grès dans des corridors apocalyptiques. Partir à l'assaut des montagnes de pierre par des escaliers vertigineux.

 

 

Sur ce site gigantesque trois capitales se succéderont du 9e au 13e siècles avec trois rois et deux religions. L'empire khmer était à son apothéose et occupait bien sûr le Cambodge, la partie centrale de la Thaïlande, le sud du Laos et le Vietnam.

A l’origine, la cité d’Angkor (ou en khmer La grande cité, la capitale) était la plus grande mégapole dans le monde médiéval, 800000 personnes vivaient dans un périmètre de 2000 km2.

 

 Une gravure de 1819.

 

Une succession de villages, de bâtiments administratifs, de bibliothèques, d'habitations, de temples mais aussi de bassins et de rizières. Elle était à proximité du grand lac Tonlé Sap et de ses collines verdoyantes et de la rivière Siem Reap aux plaines fertiles pour l'agriculture du riz.   

 Angkor Vat vu du ciel à la mousson.

 

La deuxième, Angkor Vat sous la protection de Vishnu vit le jour grâce à Suryavrman II vers 1150, puis, celle qui nous intéresse, Angkor Thom, la grande cité vers 1200 et là, changement, c’est un roi bouddhiste Jayavarma VII qui succédera à des rois brahmaniques pour annoncer le déclin du royaume.

 

ANGKOR THOM, EST TOUJOURS Là, savant melting pot de versailles,
du louvre et des cathédrales gothiques

C’est un grand carré de 3km de côté percé par quatre portes monumentales pour y accéder. Des murailles de 8 m de haut et des douves de 100m de large pour protéger le roi de ses sujets mais aussi de ses ennemis jurés les Chams.

 

 

 

 

 L'enceinte de la ville, 8 m de haut.

 

C'est une ville difficile à saisir dans son intégralité, gardant toutefois d'inoubliables vestiges d'une civilisation très raffinée et très complexe avec ses systèmes d'irrigation très performants permettant de récupérer l’eau des moussons à travers 100 km de canaux.

Au  13e siècle, 120 000 personnes y vivaient dans des maisons à pilotis pareilles à celles que l'on peut voir aujourd'hui. Cinq avenues et en son centre, une immense esplanade un peu comme la place de la Concorde bordée sur un côté par le palais royal vaste édifice de 250m sur 300m.

 

 

 
La Place royale vue du ciel.

 

Ce plan fait penser à une réduction du monde cosmique très cher aux hindouistes. Un peu comme une montagne centrale d'où s'écouleraient des fleuves vers une mer entourant le tout.

A part les monuments il ne reste rien de la vie courante passée. Pas de débris d'ustensiles utilitaires ni de pièces de monnaie comme l'on peut trouver sur un site archéologique. Les fouilles par contre commencent à parler.

 

 

 

Dans ses murs, les temples les plus prestigieux. Le tuc-tuc passe la porte et devant nous dans la fraicheur relative du matin se dresse le Bayon,le Palais céleste ou la Tour d'or. Dernier temple-montagne de Jaya VII. C'est impressionnant, 37 tours à visages du Bouddha qui vous scrutent dans la moiteur naissante de la forêt environnante.

  

 

Chaque tour illustre les quatre vertus du Bouddha, la sympathie, la pitié, l'humeur égale et l'égalité. Des sourires énigmatiques pour un mystère incarné.

 

 

 

Le temple est une énorme pyramide de 150 mètres de côté sur 43 mètres de haut à 3 niveaux à vous donner des vertiges. On s'y perd pour mieux s'y retrouver dans un dédale très complexe de cercles et de carrés allant d'enceintes aux tours, de successions de portes, de galeries et de terrasses.

 


 


De splendides bas-reliefs mélangeant aussi bien le peuple que le roi et sa cour sur les galeries du premier étage. Des batailles sanglantes contre les Chams mais aussi des scènes de pêche et de chasse ou des combats de cochons et même un accouchement !

 

 

 

Une grande question s'est posée pour connaître l'origine du temple. Longtemps, on a pensé qu'il était dédié à Shiva ou Brahma pour finir par Bouddha ! Mais on a compris finalement qu'il avait été édifié à une période de changement entre brahmanisme et bouddhisme et consacré aux dieux de tout le royaume mais avec une préférence pour Bouddha avant que l'on change à nouveau le panthéon !

A pieds, j'ai emprunté la route centrale pour avoir une vue générale assez impressionnante et de là j'ai atteint l'enceinte du palais royal. En chemin j'ai croisé Jaya VII et son épouse préférée !

 


/>

 

Le Baphuon ou Tour de bronze était là devant moi au cœur de la cité, massif, impressionnant, frisson garanti. Pensez donc, 145m sur 150 en 5 gradins fait de plus de 300 000 blocs de grès de 500 kilos tous gravés ou sculptés. On pense qu'il était recouvert de plaques de bronze pour que l'ensemble ressemble à s'y méprendre au fameux mont Meru.

Lui, c'est sûr,a été érigé à la gloire de Shiva au 11e siècle sous le règne non pas de Jaya mais d'un Uday quelque chose et c'est le plus grand de tous les édifices religieux du Cambodge. Une sublime démonstration de l'art khmer.

Le Bouddha couché, il faut vraiment le deviner , la tête est à gauche.

 

Comme tous, il se dressait au somment d'une colline artificielle. Plus tard, avec l'écroulement de certains murs on reconstruisit la façade ouest et les artisans de l'époque la transformèrent en un gigantesque Bouddha couché de 75m de long en plein nirvana.

 

 

La forêt alentour l'avait complètement bouffé et digéré. Ce fut un travail titanesque de le dégager, de le reconstruire, là aussi fut utilisé la fameuse méthode d'anastylose. La pyramide de sable est recouverte par un vrai puzzle de bloc de grès et pratiquement remonté à l'identique après 25 ans de travaux et inauguré en 2011.

Juste derrière à quelques mètres le fameux Char céleste, c'est ainsi que l'on nomme le Phimeanakas construit une première fois vers 950.

 

 

Quand Surya 1er construisit son palais il en profita pour rebâtir le temple en pyramide, c'était certainement son temple privé et on dit que le toit était recouvert de feuille d'or.

Le Phimeanakas est de taille plus modeste, 36 mètres sur 28, il est en latérite  à 3 étages. Sur chacun des côtés un immense escalier au soubassement de grès avec des lions assis. Impressionnant à grimper, sans palier pour faire une pause. 

 

 

Tout en haut, une galerie pas mal délabrée et assez étroite, la vue est superbe sur le Baphuon tout à côté.L'ensemble est en très mauvais état et pas mal éboulé par endroit.

C'était, dit la légende, l'endroit ou le roi s'unissait  à une super déesse qui pour la nuit abandonnait son corps de serpent.

La plupart de ces temples sont entourés de douves qui à la mousson se remplissent et donnent une autre dimension au regard.

 

 

Pas très loin, deux bassins, l'un, le Sra Sei destiné aux ablutions du roi et aussi à des spectacles, l'autre, tout à côté et plus petit était réservé aux épouses et concubines, dieu sait s'il y en avait ! Aujourd'hui, à la saison des moussons on peut s'y baigner et réver.

 

 

 

Je me balade dans ce qui peut rester du palais royal. Qu'en dire? Seules subsistent l'enceinte percée de portes avec  et les douves qui vont avec. Il a servi de demeure à plusieurs rois du 10e au 13e siècle et chacun à leur manière y a apporté sa touche personelle.

 

 

 


Des habitations, il ne reste plus rien pour la simple raison qu'elles étaient construites en bois, facile pour s'approvisionner on n'avait qu'à se servir tout près dans la forêt.

 

La terrasse des Lépreux et les Sept mondes hindouistes.

 


Tout naturellement mes pas m'amènent à La Terrasse des lépreux à deux pas. Une construction de grès en forme de U longue de 25 mètres et 6 mètres de haut. là aussi l'art khmer est à son apogée. Souvenirs d'une lecture qui me fit rêver et me donna le déclic, Le roi lépreux de Pierre Benoit.

 

Comme dans tous les temples, ici aussi on fait des offrandes.
Le coffet fermé à clef est destiné à recevoir des billets.

 

On suppose que le roi lépreux est peut-être la statue de Yama le dieu hindouiste de la mort mais aussi celle de Yaso mort de la lèpre, ici c'est une copie, l'original est au musée de Phnom Phen. La statue est curieuse car le personnage est nu et asexué fait très curieux dans un art très pudique ou la nudité est pratiquement inexistante.

On suppute, on suppute encore que c'était une esplanade préparant les corps royaux à la crémation. Sur le côté, un couloir permet d'admirer les sept rangées de bas-reliefs représentant chacune un monde du panthéon hindouiste.

 

  

 

 

Une quantité incroyable de sculptures superbement bien conservées ou les apsaras et les devatas se succèdent parmi des monstres au rictus terrible sans oublier les éternels nagas et garundas.

La restauration de la Terrasse continue depuis 1992 suivant toujours la méthode d'anastyslose qui consiste à démolir en numérotant toutes les pierres puis reconstruire méticuleusement. Cette méthode est utilisée sur l'ensemble du site d'où souvent cette impression de chaos devant ces énormes blocs que l'on croit à l'abandon.

La chaleur se fait de plus en plus sentir, marcher devient un exploit !

 

 

 

Juste en face, Tep Pranam, un petit temple du 16e malheureusement reconstruit. Une belle chaussée en latérite bordée par deux lions assis et un grand Bouddha assis sur un lotus sont les seuls éléments intéressants.

 

 

Pas très loin, près de l'enceinte,Preah Palilay petit temple en latérite dans l'ombre dangereuse et envahissante des fromagers monstrueux. Très peu de touristes, le temps de la visite je fus seule  à apprécier le calme et à me balader.

 

 

 

C'est un site très simple fait d'une terrasse en croix, un mur d'enceinte en ruine et le sanctuaire bouddhiste du 13e ou 14e siècle. La tour pyramidale très abîmée d'une vingtaine de mètre de haut aux frontons représentant Bouddha dans des scènes de la vie courante.

 

 

Perspective sur la Terrasse des éléphants.

 

Je reprends l'allée centrale pour aboutir à la Terrasse des éléphants impressionnante par ses dimensions. Trois cents mètres pour des apparats digne d'un roi.

 

 


Les structures de bois ont disparu depuis belle lurette mais la balustrade en forme de nâga est toujours là. De là, Jaya VII pouvait admirer ses armées triomphantes au retour de la guerre contre ses ennemis jurés les Chams.

 

 


De magnifiques éléphants à chaque escaliers et aussi en bas reliefs, superbement harnachés et montés par de drôles de lascars forment des scènes de chasse.

 

 

Devant la terrasse, la Place royale immense ou le regard embrase les tours du Prasat Suor Prat et les Khleangs. Toujours cette chaleur qui vous enveloppe et vous assoiffe.

 

J'étais sur les sites le matin de 8 heures à 15h. L'avantage c'est qu'entre 12h et 15h comme partout dans le monde on se restaure sauf moi et on est donc tranquille pour réver dans le silence, déambuler et s'approprier un peu le site à sa guise.

 

 

Prasat Suor Prat (les tours des danseurs corde raide) est un ensemble de douze petites tours en latérite assez grossièrement construites au 12e siècle. Seuls les linteaux et les frontons sont en grès. Le plan est carré mais ne correspond nullement à la forme habituelle d'un sanctuaire.

On ne connait pas leur fonction mais on suppose qu'elles servaient au jugement divin pour départager un différent entre deux familles. Le mystère reste entier malgré son appellation poétique.

 


Les Khleangs (celliers) se trouvent juste derrière les Prasat, là encore mystère et boule de gomme. Ce sont deux bâtiments, l'un au nord fut construit en bois puis rebâti en pierres. L'autre au sud plus récent. On pense qu'ils servaient à héberger des hôtes de marque. Leur construction est très simple dans le même style que le Phimeanakas.

 

 

 

Je reprends une allée centrale pour arriver à Preah Pithu, groupe de 5 petits temples mais d'époques différentes. Quatre sont hindouistes et le dernier bouddhiste.

 

 


Pratiquement en ruines mais avec de belles sculptures.
L'endroit est relativement calme pour s'y balader tranquillement. Comme beaucoup, un fossé entoure certains.

C'est Jean Commaille le premier conservateur qui a entrepris le début de son nettoyage et c'est Henri Marchal qui a terminé le boulot au début du 20e siècle.

Ma visite d'Angkor Thom est terminé, j'y ai passé pratiquement une grande partie de la journée. Lux, mon chauffeur de tuc-tuc, lui s'est reposé dans un hamac à m'attendre ! Fin de la visite, je rentre fourbue à l'hôtel ou m'attends la piscine pour me détendre en rêvant de Jaya.

QUELQUES MOTS SUR CE SITE PRESTIGIEUX

 

Angkor, au 15e siècle, après avoir perdu son statut de capitale va entamer une deuxième vie au cœur d’une jungle foisonnante loin des fastes et de ses rois.

 

 

 

Des milliers de personnes y habiteront, les temples seront toujours des lieux de cultes  et leurs pierres continueront à vivre.

Angkor restera un lieu sacré et l'est encore aujourd'hui. Ce sont quelques 260 vestiges qui parsèment de leurs ruines les quelques 402km2 que l’Unesco à délimité et classé en 1992 au Patrimoine mondial.

 

Henri Mouhot et un de ses dessins représentant un campement sur le site.

 

Ce n'est qu'au 19e siècle que les européens pourront admirer les premières dessins d'Angkor rapportées par le botaniste Henri Mouhot lors d'un périple à travers le Cambodge. La publication de ses dessins et de ses textes dans une revue populaire "Le tour du monde" va faire rêver de futurs voyageurs en mal d'exotisme. 

 

 

 

Le colonialisme n'a pas eu que du mauvais. Nous sommes en 1908 et depuis peu le site est rendu au Cambodge par les Siamois. Ainsi va pouvoir commencer la sauvegarde des temples et La Conservation d'Angkor va voir le jour. 

 

Jean Commaille - Un dessin de Jean Commaille aussi un peintre du dimanche. 

 

Jean Commaille est assassiné sur le site en 1916, c'est le premier conservateur et ses successeurs ont fait un travail époustouflant. Pour ne citer que quelques uns,Henri Marchal en poste durant 34 ans l'inventeur de la méthode dite Anastylose dont j'ai parlé, les Groslier le père et le fils. Georges, le père est à l'origine de la création du splendide Musée national de Phnom Penh et son fils grâce à de très gros moyens financiers et technique entrepris une nouvelle phase de restauration.

 

Un temple pas encore débroussaillé.

 

Tous étaient des passionnés, ils ont été tour à tour écrivains et dessinateurs, ils y ont fait un travail extraordinaire à débroussailler, déblayer, reconstruire et nettoyer les monuments, mais aussi à les décrire, à les photographier et les dessiner.

 

Le Bayon dans l'état.  

 

Les quatre avenues sont de nouveau visibles déterminant ainsi le plan de la ville. Les bâtiments, instables châteaux de cartes gardent dans la moiteur tropicale un équilibre plus que précaire. Commaille a dû aussi faire évacuer le site occupé depuis belle lurette par des bonzes qui y vivaient en détériorant pas mal l'ensemble en y ajoutant des constructions de bric et de broc. Ce sont 1500 familles qu'il faudra avec beaucoup de négociations faire évacuer. 

 

A ne pas oublier non plus la folie qui s'est emparé fin du 19e et début du 20e siècle de ces fameux pilleurs qu'ils soient paysans du coin, aventuriers de tous horizons et ou pour finir les Khmers rouges.

 

Gravure de L'exposition universelle de 1867. 

 

Les premières représentations d'Angkor apparaissent par des moulages des temples lors de l'Exposition universelle en 1867. Ensuite se seront des statues khmers que le public parisien pourra admirer. Premier pillage du site. Les pierres des temples serviront pour la construction des barrages dans les rizières ainsi qu'à Phnom Penh pour l'élaboration du monument de l'Amitié.  

Puis, de par le monde, on verra apparaître régulièrement des figurines, des bas-reliefs, des collectionneurs dépenseront des fortunes pour posséder une belle devata ou une gracieuse apsara. Les gardiens fermeront les yeux et ouvriront la main pour nourrir leur famille.

Le vandalisme aura encore de beaux jours. Angkor est classé depuis 1908 au Patrimoine de l'humanité et à ce titre, beaucoup de pays aident à sa rénovation. La France est sur le site du Baphuon, le Japon fait le ménage au Bayon, l'Inde perpétue la conservation de Ta Phrom et la Suisse est à demeure à Banteay Srei. Quant aux USA, c'est un million de dollars qu'ils ont généreusement offert pour la reconstruction de Bakhèng.

 

Merci à tous les mécènes de nous offrir à jamais cette balade magique. Puissent les générations futures aient le bonheur de partir à la découverte de cet éternel enchantement. 

 

 

 

 

 



18/01/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Voyages & tourisme pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 27 autres membres