ICI, LÀ ET AILLEURS

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ÉGYPTE - Lac Nasser

 

Un décor lunaire, des vestiges impressionnants

et inoubliables, des soleils couchants

à vous couper le souffle.

 


 

Au départ d’Assouan croisière sur le lac Nasser avec le Ksar Ibrim, bateau de style 1930, luxueux, intime et très confortable. Le Lac Nasser c’est 500 km d’étendue d’eau, un décor minéral, sans habitation ni âme qui vive. Un ciel bleu permanent, des couchers de soleil inoubliables.

 

 

 

Pas un bruit, quelques battements dans le ciel pur de flamands roses, rien que le glissement du bateau sur l’eau bleu d’outremer. Quelques rares troupeaux de chameaux sur les collines désertiques venus d'on ne sait où. Des crocodiles aussi, énormes, qui ne finiront pas en chaussures se prélassent parfois aux abords d'une crique. 

 

Un voyage hors du temps avec des escales pour quatorze temples d’une grande richesse sauvés des eaux. Tous ont été déplacés bien sûr pour être réinstallé plus haut ou plus loin sur les berges. Certains ont été tirés par des chameaux, d'autres reconstruits pierre à pierre. Un travail titanesque qu'il ne faut surtout pas oublier. 

 

 

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Hier et aujourd'hui… 

 

 

Le premier site que nous visitons est  Kalabshah consacré à Mandoulis un dieu non pas égyptien mais nubien à plusieurs visages si l'on peut dire. Tantôt oiseau, tantôt lionne et parfois enfant sur une feuille de lotus, image de la jeunesse au soleil levant.

Ce n'est pas sous le règne d'un pharaon  mais sous celui de l'empereur Auguste entre -60 et +14 après J.-C. et sur l'emplacement d'un sanctuaire d'Amenophis II, 1450-1425 avant J.-C. qu'il renaissa.

 

 

 

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C'est le deuxième plus grand temple de Nubie après Abou Simbel. Impressionnant avec ses  71,5 mètres de long sur une largeur de 35,5 mètres. Il a été démonté de son site d'origine qui se trouvait à une quarantaine de kilomètres au sud pour être reconstruit sur la rive gauche du lac. Ce sont les allemands qui entreprirent cette réalisation la première du genre qui servit de modèle pour les treize autres temples. Il servit aussi au cours des siècles qui suivirent à la pratique d'autres religions comme en atteste l'inscription sur un pylône « Moi, le prêtre Paulos, ai prié ici pour la première fois et Moi, le prêtre Paulos, ai dressé la croix pour la première fois en ce lieu ».

 

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Sur le site on peut admirer les restes du délicieux petit kiosque de Kertassi qui se trouvait lui à Kertassi, évidemment, à une trentaine de kilomètres au sud. Il était dédié à Hathor la belle déesse de l’amour entre autre.

 

On se rends ensuite à Beit el Ouali un petit sanctuaire rupestre lequel était situé à une cinquantaine de kilomètres au sud. Là, surprise, de magnifiques scènes aux couleurs encore éclatantes se déroulent sur tous les murs sans oublier les colonnes et les plafonds. 

 

 

 

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C’est le premier monument que Ramsès II dédia à la Nubie. Il est placé sous la protection du dieu Amon-Rê, roi des dieux, dieu des humbles, le pendant du Zeus grecque. La cour en plein air est remplie des combats que Ramsès II fit à ses pires ennemis, les Nubiens mais aussi les Lybiens sans oublier les Asiatiques. L’air résonne presque du bruit des armes !

 

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Des scènes d'offrandes succédant à des scènes de victoires, de guerres et de chasse ou Ramsès et Amon ont la part belle. Et le le plus époustouflant, encadrant une porte, Isis allaitant d'un côté Ramsès et de l'autre Anouket. Un éblouissant témoignage pour nos mirettes qui sont sens dessus-dessous !

Une bonne heure à admirer les détails, à les photographier pour nos longues soirées d’hiver. 

Dernière visite pour aujourd’hui, notre guide comme d’hab a été au top, un français impeccable, il est d’Alexandrie et a toujours une petite anecdote pour nous situer la foultitude de personnages.

Après-midi navigation, le paysages est minéral somptueux et en apothéose un coucher de soleil à 17h qui nous arrache des “Ha” et des  “Ho” sans autres commentaires ! 

Le bateau à bien filé et le lendemain nous nous retrouvons 150 km  au sud. Lever aux aurores pour partir à la découverte du deuxième site de Ouadi es-Séboua. 

 

 

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Le lac à cet endroit est plus resserré, une multitude de criques profondes ou l’on aimerait bien s’y baigner mais attentions aux crocodiles !

Le bateau nous débarque et hop c’est parti pour Dakka, non pas à pieds mais à dos de chameau pour certains, l’exercice est plutôt ardu ! Le temple se trouvait à l'origine au nord à 150 kilomètres face à la forteresse de Baki réputée pour son réseau caravaniers qui transportait l’or aux pharaons.

 Il fut construit sous le règne de Ramsès II et dédié à Thot de Pnoubs, à Isis et à Hathor. C’était une région contrôlée par les pharaons au moment des inondations et qui accueillait aussi la barque sacrée. 

 

 

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Un peu plus loin, Ouadi-es-Séboua à 4 km de ses origines.  

 Un magnifique dromos aux sphinx de toute beauté, d’ailleurs la traduction de Wadi el Seboua veut dire la vallée des lionnes. Dans la grande cour, des piliers représentant bien sûr notre pharaon bien aimé. Sur les murs des scènes ou Ramsès est entouré de sa smala de mômes, des dizaines et des dizaines  évidemment pas tous de la même maman !

 

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La chaleur commence à se faire sentir pour la dernière visite du site. Maharraka ou le temple inachevé et dédié à Isis et Sérapis construit durant l’époque romaine. Un beau péristyle à ciel ouvert bordé de colonnes à chapiteau en fleur de lotus.

 

 

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Il était à l’origine à 50 km au sud et ne présente aucune décoration. Détail unique dans l’architecture égyptienne un escalier pour grimper sur la terrasse mais qui a disparu depuis belle lurette.

Retour au bateau, ouf, juste le temps de se rafraîchir et hop au buffet excellent et très varié, une cuisine européenne à tendance égyptienne. Le service est très bien fait, le personnel est aimable et à l’écoute de nos souhaits.

Passage du tropique du Cancer, le vrai, pas celui d’Henri Miller ! Certificat le prouvant pour montrer aux copines.

 

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Les après-midis c'est farniente sur le pont à l'ombre à papoter des merveilles visitées le matin tandis que file doucement sur l’onde notre bateau.

 

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 A l’heure de l’apéro c’est dans l’immense salon que nous sirotons un karkadé, boisson délicieuse de fleurs d’hibiscus qui lui donne une belle couleur rubis tout en se prélassant dans de vastes fauteuils art déco. 

Dîner aux chandelles sur le pont et ensuite animation avec des danses folkloriques de jeunes filles en costumes locaux magnifiques,  leurs danses me rappellent celles que nous faisons lors de fest noz. 

 

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Un  petit matin frileux et oui, la petite laine est nécessaire à 6h du mat, le bateau à moteur sous bonne escorte nous emmène vers le troisème site d’Amada

Tout d’abord, le petit temple d’Amada, unique vestige en Nubie de la 18e dynastie et de trois pharaons, Thoutmosis III, Aménophis II pour être terminé par Thoutmosis IV.  Dédié entre autre à Amon-Ré. 

Des décors polychromes somptueux à croire qu’ils ont été fait la veille ! Amada, n’a été déplacé que de deux kilomètres d’un seul bloc vu la fragilité des fresques sur un montage de rails tirés par des chameaux ! Enfin le 26 mars 1965  il atteint sa dernière demeure 40 mètres plus haut !  Ce sont les français qui ont subventionné le sauvetage.

 

 

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 Transport du temple et emplacement définitif !

 

Un autre petit temple tout près, Er Derr construit par Sétaou, vice-roi de Nubie pour son souverain peut-être bien-aimé Ramsès II en l’honneur de son jubilé de 30 ans. 

Il est dédié à Rê-Horakthy mais aussi à Ramsès déifié. On pense qu’il devait servir d’entrepôt à la barque sacrée durant la descente du Nil.

 

Le temple est creusé dans la montagne et des 12 colonnes de la grande salle il n’en subsiste que quatre en très mauvais état. 

 

On y trouve aussi le tombeau du  vice-roi de Nubie Pennout avec des fresques le représentant entouré de sa famille.

 

 

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Sur les parois on peut y voir la déesse Séshat offrant à Ramsès la haute tige des “Millions d’années” preuve de son immortalité. Shéshat est déesse de l’écriture et des maths. Elle en connaissait aussi un rayon dans les biblio et était la patronne des scribes.

Pour terminer on prend le bateau à moteur pour se rendre sur le site de Ksar Ibrim le seul site qui n’ai pas été déménagé. Une partie est immergée mais subsiste les ruines de la cathédrale construite par les coptes.

 

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Rien d’intéressant à voir, des murs écroulés sans décor. Retour sur le bateau pour le déjeuner et direction Abou Simbel que nous atteignons en milieu d’après-midi. Le bateau passe devant les temples, époustouflants, magiques, l’air  vibre devant tant de beauté  et du bateau on pousse des “hourra” à tue-tête !

 

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Vite on débarque pour la visite. Peu de monde sur le site, nous pouvons allez et venir à notre guise à l’intérieur des deux temples, prendre des photos et même se faire photographier la binette avec la clé du temple de Ramsès !

Temples de l’amour et de la folie qui défient le temps et les hommes. Moment inoubliable, plein d’émotion devant ces statues monumentales, un vertige hors du temps.

(Abou Simbel fait l’objet d’un article).

Le soir, dîner devant les deux temples, un émerveillement pour une soirée unique.

Le lendemain matin très tôt de nouveau sur le site pour un dernier adieu à Ramsès et à Nefertari.

Dans la matinée on prend un minibus qui nous ramène à Louxor. Dans le désert nubien parmi les mirages un instant j’ai cru voir Ramsès et sa cour regagner Thèbes !

 

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Petits villages pittoresques tout du long de la route aux maisons bariolées. C'était jour de marché et le bétail paradait dans les camionnettes ! 

Fin du rêve, l’avion nous emporte vers notre quotidien  plein de trésors dans la tête !

 

 

 

 

 

 



10/01/2016
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