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ÉGYPTE - Louxor

Quand je traverse la place de la Concorde je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’oeil attristé à l’obélisque qui doit se sentir bien seul dans la grisaille parisienne et bien loin de son jumeau dans l’antique cité de Thébes.

 

 

 

Amon ne veille plus sur toi pauvre rayon de soleil bien loin de la terre de tes dieux. Mais console-toi ton frère est toujours à Thébes devant le temple d’Amon.

Flash-back, long travelling, Louxor aéroport un jour de décembre, je débarque et rejoins le bateau amarré au bord du Nil.
Louxor c’est bien sur le point de départ des fameuses croisières qui descendent le Nil jusqu’à Assouan, du très bon au pire se côtoient le long des rives du Nil en d’immenses bateaux et d'autres plus intimes, mon choix, une véritable industrie dont vivent à cent pour cent les habitants, aujourd'hui en 2016 on n'est plus dans le même cas de figure.

 

 

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Thébes, Louxor une seule et même cité dédiée à la trilogie Amon, Mouï et Monthou les dieux vus une seule fois par an par le peuple il y a 4000 ans. Aujourd’hui, une ville passionnante, foisonnante, bruyante au bord du majestueux Nil avec 3 secteurs bien définis : la cité, Karnak et les monuments funéraires de Thébes, un immense musée à ciel ouvert dans la chaleur d’un été perpétuel.

 

 


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La cité faite de bric et de broc ! pas de signalisation, les rues en terre, des habitations qu’on croirait abandonnées, des carrioles tirées par des mulets ou des ânes transportant une multitude de produits allant des légumes aux pièces détachées pour voitures, des étals de toutes sortes, des légumes, des fruits, des épices dans un débordement incroyable de couleurs.

 

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Des vendeurs pittoresques posés au bord de la rue avec leur maigre production. La foule qui se croise, s’arrête pour boire dans une échoppe un jus de fruit frais, grignoter je ne sais quoi, s’interpelle et vous fait de gentilles frayeurs.
Louxor est pour moi le plus beau site archéologique avec Abou Simbel.

 

 

Le site terminé tel qu'il était du temps de Ramsés II.

 

 

Tout d’abord le temple construit en 1550 et 1292 (XVIIIe et XIX dynasties) avant notre ère et consacré au dieu Amon. Lors de l’occupation par les Romains il fut transformé en camp militaire.
Jugez de la taille, 150 m de long, 50 m de large. Des murs lisses, imposants mais harmonieux, deux grandes cours à péristyle reliées par une colonnade monumentale et impressionnante de plus de 20 mètres. Le sanctuaire d’Amon ainsi que les salles attenantes ont malgré le temps conservé une grande partie de leurs toits en dalle de pierres.

 

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 Aujourd'hui. L'allée de droite se trouve en haut sur la photo de gauche 

en regard vers le pylône.

 

Le temple fut commandé par Aménophis III ; (6 épouses et 7 enfants) mais aussi grand bâtisseur à son architecte Amenhoteps fils de Hapou. Plus tard le numéro IV apportera quelques transformations et effaça le nom d’Amon. Quelques 20 ans après, Toutankhamon prit la décision de terminer la grande salle, décora les murs.
Enfin le grand Ramsès II fit construire une avant-cour à deux portiques et ferma le tout par un imposant pylône. Fin des travaux mais pas fin des changements d’utilisation.

 

 

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A la fin du 6e siècle les Byzantins l’utilisèrent en partie comme église et les musulmans bâtirent une mosquée dans l’angle gauche du temple. Toujours visible. Certains jours dans la chaleur de l’été perpétuel on a l’impression que la mosquée s’élève doucement vers le ciel !

 

 

Mosquée d'Abou el-Hagag dans le temple de Louxor

 

 

Durant toute cette période pharaonique, le temple était ouvert au public une fois par an pour célébrer la fête du Nouvel an en l’honneur d’Opet. Rituel fastueux ou les barques solaires allaient en procession. On sortait les statues des dieux du temple d’Amon à Karnak, on leur faisait emprunter le dromos (1) (2,5 km) parait-il bordé de 700 sphinx qui aujourd’hui sont en grande partie enfouis sous la ville, et atteindre le sanctuaire.

 

 A l'origine avec les couleurs. Les six statues de Ramsès.


Mes pas, à l’approche du pylône(2) de Ramsès II se font plus pressants, les deux statues colossales de Ramsès m’accueillent imperturbables depuis des millénaires, les quatre autres ne sont plus qu’un souvenir et l’obélisque me fait un clin d’œil, je lui transmet le bonjour de son frère.

 

 

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Une forêt de colonnes papyriformes et campaniformes de 16 mètres de haut, des statues monumentales certaines avec 7 à 8 mètres, des multitudes de sphinx immobiles depuis des millénaires au garde à vous !
Une grande hâte s’empare de moi, aurais-je le temps de tout admirer, de tout voir mais pourquoi, j’ai tout l’après-midi pour me perdre dans cette forêt de pierres, de statues, de sphinx et de colonnes.

 

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Le coeur du temple, la salle des offrandes avec son plafond soutenu par quatre magnifiques colonnes. Quelques pas plus loin on pénètre dans la salle du sanctuaire de la barque sacrée du dieu Amon de Karnak. Tous les murs sont superbement décorés avec un Aménophis III rendant différents hommages à Amon. La dernière salle, le saint des saints ferme le temple avec des représentations divines très diverses.

 

  

 … et toujours le beau Ramsès !

 

Beaucoup de monde, des touristes bien sûr en pagaille et en hordes, mais aussi des autochtones en balade, des lycéens venus prendre un cours en direct. Mais aussi, possibilité de se retrouver au détour d’une allée dans un bout de terrain en fouilles, parsemé de blocs, de statues tronquées, un décor hallucinant de fin de monde.
La nuit tombe très vite et vers 17h fin de la visite. Je regagne le bateau amarré quelques mètres plus loin pour un repos bien mérité, mes pauvres gambettes ont souffert !
Ma nuit va être peuplée de pharaons !

 

Petit rappel pour ne pas perdre l’histoire.
Le pylône est une construction formée de deux tours à base rectangulaire et surmontées d’un linteau entourant une porte d’entrée. Il faut le voir comme un symbole. Le pylône toujours en forme de brèche, symbolise une vallée entre deux montagnes, un horizon d’où s’élèvera le soleil et comme une citadelle protégeant le sanctuaire.
A l’extérieur, des renforcements permettaient de planter d’immenses mâts au bout desquels flottaient des oriflammes très colorées pour annoncer la maison du dieu. C’est l’enceinte du temple par laquelle le peuple pénètre mais ne peut aller plus loin car le sanctuaire est réservé aux prètres et au pharaon.
Le dromos c’est l’allée bordée de Sphinx qui part généralement du bord du Nil ou les prêtres et le dieu accostent lors des cérémonies.

 
 
 
 


28/02/2016
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