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MORBIHAN - Locmariaquer un site par delà les siècles

Locmariaquer, petite commune entre golfe et océan a traversé les millénaires pour nous offrir le témoignage exceptionnel des hommes du néolithique. Un ensemble architectural unique au monde composé du grand menhir brisé d’Er Grah,  du tumulus éponyme et du cairn de la Table des Marchands. 

 

 

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De par le monde, les bâtisseurs du néolithique, en sociétés organisées construisirent avec ingéniosité et talent les premiers  monuments mégalithiques, dolmens, pierres levées, tumulus et cairns annonçant ainsi l’époque grandiose des pyramides de tous horizons. 

 

Ici, tout près de l'océan, dans une belle vallée, il y a plus de 4000 ans des hommes sédentarisés sans moyens matériels et techniques ont érigés tout d'abord 19 pierres levées qui en file indienne se déroulant vers le nord sur plus de 60 m finissent leur chemin au grand menhir brisé d’Er Grah. On n’en connaît pas les causes mais les 18 autres pierres ont été détruites vers 3900 ans avant J.C. Ne restent que leurs emplacements.
Le Grand menhir brisé est  le plus grand au monde. Il dressait ses 18,5 m vers le ciel en une offrande mystique à des déités sans nom. C’est certainement le tremblement de terre de 1722  en Bretagne qui le brisa en quatre morceaux et le coucha à jamais.

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 L'emplacement des 18 pierres levées

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La Pierre de la fée repose au centre d’un ensemble mégalithique exceptionnel en Europe. 

 

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On a l’habitude de ne voir des dolmens que leur ossature, trois piliers enfoncés dans le sol et surmontés d’une énorme dalle.

A l’origine le dolmen était recouvert d’un tumulus composé de pierres soigneusement empilées et assemblées sans mortier. C’est un un monument funéraire servant de sépultures collective. Il a longtemps fait penser à un autel paîen pour des offrandes à ciel ouvert.

 

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Le cairn de la Table des Marchands, c’est d’abord une porte taillée, ensuite un couloir débouchant sur une chambre funéraire polygonale. Deux immenses dalles de 7 mètres de long sur 4 de large constituent la chambre. La dalle du fond est décorée sur ses deux faces et on peut y voir une idole très schématisée à la longue chevelure. Des crosses gravées dans le grès sont disposées de façon adroitement symétriques.La dalle du plafond est ornée d’une hache à crosse et dans le bas on peut apercevoir une partie de mammifère, certainement un bovidé. 

 

 

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Fait extraordinaire, cette dalle est un des 3 morceaux d’origine, un autre morceau se trouve sur le tumulus de Gavrinis à 5 kilomètres de là et le dernier à quelques mètres sur le tumulus d’Er Grah! Les motifs s’emboitent parfaitement ! 

Gavrinis est une des nombreuses îles du golfe du Morbihan mais au néolithique l’affaissement provoquant une petite mer n’existait pas encore. Les archéologues ont imaginés plusieurs hypothèses pour le transport de cette immense dalle et aussi pour l'ensemble des constructions mégalithques. Une seule pour le moment est crédible. Deux rigoles parallèles sont creusées sur lesquelles reposent des troncs qui vont servir à faire glisser la dalle de pierre et ainsi l'amener à son emplacement définitif. 

 

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Le  voisin du menhir c’est le tumulus d’Er Grah — colline artificielle, avec à sa base un ou plusieurs dolmens, et recouvert de petits blocs de pierres bien calés entre eux et sans mortier —  par contre mal conservé mais heureusement de dimension exceptionnelle, il est resté pratiquement inconnu jusqu’au début des années 1990. C’est aussi une sépulture qui abritait des tombes de chefs ou de personnages importants.

 

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La table des Marchands au 19e siècle. 

 

Il a été construit en trois fois entre 4500 et 4000 ans avant J.C. et quand il a été découvert au 19e siècle — déjà pillé —, on a transformé l’extrémité nord en carrière. Ensuite abandonné et oublié, recouvert  de végétation et en partie éboulé. 

Ce n’est qu’au début du 20e siècle qu’une poignée de mecs érudits et la plupart des notables, comme on les appelaient à l’époque, commencèrent à fouiller le site. 

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Zacharie le Rouzic, entre autre, archéologue et préhistorien, originaire de Carnac qui fit inscrire le site à l’inventaire des monuments historiques.

Car jusqu'à cette époque, les pierres qu'elles soient levées ou dolmens étaient récupérées par les paysans pour être réutilisées pour des constructions, des milliers et pas seulement en Bretagne, des pierres levées, menhirs et dolmens s'évaporèrent du paysage !

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Le cairn de la table des Marchands (photo de Le Rouzic) et de la même époque démolition d'un dolmen

 

Puis de nouveau une longue période de silence et d'oubli pour qu’enfin on décide de restaurer l'ensemble à partir de 1990. Les travaux dureront deux ans. Le site comme on le voit aujourd’hui  date de ces années-là.

 Le site est aménagé pour les visiteurs permettant visite guidée ou nez au vent mais avec appareils photos à la main. Une initiation passionnante à la civilisation et à l’architecture mégalithique. La visite est à faire en dehors de la saison estivale.

 

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Le site en 1960 et actuellement

 

En empruntant les chemins on a comme l’impression étrange que des yeux vieux comme le monde vous observent à la dérobée.

 

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Des artistes contemporains squattent le site essaimant leurs installations dans un dialogue éternel avec les hommes de la préhistoire !

 



16/11/2015
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